Écriture: mon organisation en 5 étapes

Vous êtes beaucoup sur Instagram à me poser des questions concernant l’écriture, et plus particulièrement à me demander des conseils pour « se lancer ». L’une des premières choses que je recommande toujours, c’est de s’organiser. Toutefois, je le dis et le répète : l’écriture est un exercice intime et personnel, chacun le fait à sa façon. Ce qui fonctionne pour les uns peut ne pas marcher pour les autres, et inversement. Certains y vont au feeling et c’est très bien aussi. Personnellement, j’ai besoin d’un plan. J’ai besoin de savoir où je vais. C’est pourquoi je vais vous exposer mon organisation pre writing, ainsi que toutes les étapes par lesquelles je passe au niveau du processus d’écriture. Je ne vous conseille en aucun cas de procéder de la même façon que moi ; ma méthode n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Alors prenez le temps d’essayer plusieurs choses et de voir ce qui fonctionne le mieux pour vous, afin de vous adapter à votre propre manière de créer. Allez, go !

1/ PREMIÈRE ÉTAPE

Cela dépend du roman. Parfois la première chose à laquelle je pense est l’intrigue (en général, à ce stade c’est encore assez vague ; cela peut s’agir simplement d’une trope, comme « hate to love », « friends to lovers », ou bien de thèmes plus précis à aborder). D’autres fois, ce sont les personnages qui me viennent en premier, puis l’intrigue suit en fonction de leur personnalité et de la vie que je leur invente. Disons ici qu’il s’agit de l’histoire. Bien sûr, celle-ci risque de changer au fil des pages – au début, nous nous concentrons uniquement sur une idée au sens le plus large du terme. J’ouvre un premier fichier Word et liste les « thèmes » que je veux aborder. Si j’ai déjà une idée assez précise de l’intrigue, je le note dans la forme d’un court synopsis ; par grands axes, exemple : « C’est l’histoire d’une fille, 21 ans, nommée X. Famille compliquée, un grand frère violent, une mère lâche et alcoolique qui a toujours préféré son fils. X tente de s’en échapper tout en faisant le deuil de son ex petite-copine. Son rêve est de devenir styliste de haute couture. Elle rencontre un homme, nommé Y, dans l’optique d’un coup d’un soir. Pire nuit de sa vie. Ils commencent par se détester, mais un compromis les pousse à se dévoiler, et à se rapprocher. Pansent leurs blessures mutuelles. »

2/ DEUXIÈME ÉTAPE

Ensuite vient le tour des personnages ; ce que je préfère. Vous l’avez probablement remarqué, c’est ce que je chouchoute le plus dans mes romans. Je préfère nettement un roman à l’intrigue plus « classique » mais aux personnages complexes et originaux que l’inverse. Pensez que vos personnages sont le coeur de votre histoire. S’ils ne sont ni intéressants ni assez développés, votre intrigue suivra le mouvement. Ce sont eux qui amènent le lecteur là où vous voulez l’emmener. Si cela vous intéresse, je vous ferai un autre article beaucoup plus détaillé sur la création de mes personnages. Aujourd’hui je vais néanmoins rester brève : on ouvre donc un nouveau fichier Word, un pour chaque personnage central – même les personnages secondaires, dans une certaine limite évidemment. La plus grosse erreur que vous pourriez faire est de sous-estimer vos personnages secondaires et de ne pas leur donner d’histoire sous prétexte que ce n’est pas la leur que vous raconter. Il faut que vous connaissiez parfaitement la vie de tous vos personnages, même s’il s’agit d’infos que vous ne donnez pas au lecteur. Croyez-moi, cela rendra votre texte bien plus authentique.

Je décide généralement de leur personnalité avant le reste, du plus général au plus particulier : quel genre de personnes sont-ils ? J’affine ensuite le tout en forme d’entonnoir, en listant leurs qualités et leurs défauts, leurs rêves, leurs passions, et beaucoup d’autres choses plus précises que j’évoquerai dans un autre post. Une fois que j’ai un portrait assez complet, je choisis leurs prénoms. Généralement, je ne fais pas ça au hasard. Je vérifie toujours les fiches de personnalité liées aux prénoms avant de donner mon feu vert final ; c’est un détail important pour moi, mais encore une fois, cela reste personnel. Je veux que la personnalité de mon personnage corresponde avec son prénom. D’autres fois, je les choisis en fonction d’un symbolisme particulier qui aurait, ou non, un rapport avec l’histoire. Dans mes romans de New Romance, vous aurez remarqué que toutes mes héroïnes ont un prénom de fleur – ce n’est pas une coïncidence. Je fais donc lesdites fiches personnages, qui prennent un certain temps, et ma touche personnelle – bien que beaucoup le font désormais, ce que je trouve super – est de créer des aesthetics correspondants. En somme, je crée des tableaux Pinterest pour mes deux héros, comme ceci (cf photo). Cela m’aide beaucoup à penser une personnalité, une ambiance, une « couleur ». Une énergie. Car chaque personne en a une.

3/ TROISIÈME ÉTAPE

Ensuite je laisse un peu reposer. J’attends que l’intrigue s’affine d’elle-même au fil des jours ; les idées viennent toutes seules en général, d’autres fois je dois forcer un peu le destin. A chaque nouvelle idée, je la note. J’ai pour celles-ci un autre fichier, appelé « Idées moments/citations ». J’y répertorie des idées de dialogues sans aucun contexte, de scènes au hasard, de citations qui me viennent en tête. Je pose là tout en vrac et j’attends.

4/ QUATRIÈME ÉTAPE

Une fois que j’ai assez de matière (yay!), je me pose pour parler structure. Alors là, je vais très certainement vous perdre, étant donné que je suis une très, très grosse maniaque de l’organisation. Aussi, j’ai tendance à écrire beaucoup plus que nécessaire et par conséquent à m’étendre à l’infini. Pour parer cela, j’ai mis au point un plan très structuré au niveau du format final de mon livre. Je m’explique : pour mes romances New Adult, je me mets une limite d’environ 450 pages (même si je dépasse toujours un peu). Je divise alors mon histoire en trois parties, avec pour chacune un nombre de pages spécial (25% pour la première, 50% pour la seconde, 25% pour la troisième) ainsi qu’un point pivot.

Si cela vous intéresse, je vous en dévoilerai les détails dans un autre article (dites-moi !). Ainsi, j’ai un cadre dans lequel je peux bosser sans pour autant avoir peur d’écrire trop de pages. Quand j’ai commencé à écrire des romans, j’avais douze ans. Je faisais ça au feeling total. Je n’avais aucun plan, juste des idées à foison que je devais sortir de ma tête. L’intrigue changeait sans cesse au fil de la plume. Sauf qu’un problème est apparu à la fin de mon tout premier livre : il était bourré d’incohérences. Depuis, c’est ma pire phobie. L’organisation est donc devenue ma meilleure alliée. Bien sûr, cela ne m’empêche pas d’être surprise au fil des chapitres, certaines choses continuent de changer et de bouger, j’invente toujours petit à petit, en direct. Mais je sais que c’est toujours un minimum sous contrôle.

5/ CINQUIÈME ÉTAPE

Une fois que j’ai ma structure globale, je crée un tableau Excel, dans lequel je pose chaque chapitre (disons 45 pour 450 pages) sur la première colonne, et le résumé de chacun d’eux sur la deuxième colonne ; c’est-à-dire, ce qui s’y passe. Cela peut être très court, comme : « Rencontre des deux personnages principaux », ou plus détaillé, comme : « PDV Zoé. Elle passe Noël dans un bar avec son meilleur ami. Elle y rencontre Jason, beau gosse drôle et sexy. Elle dit le détester à la seconde, mais ils finissent par succomber à la passion après plusieurs verres. Scène drôle avec les chatons de Jason. Première nuit d’amour ratée. Le lendemain, Zoé prétend avoir trouvé ça génial et fuit son appartement en espérant ne jamais le revoir. » Je fais ça généralement jusqu’au tout dernier chapitre, parce qu’encore une fois : je suis maniaque. Mais comme 45 chapitres, ça fait beaucoup, il m’arrive d’en laisser quelques uns vides et de faire au feeling au moment propice. Je le répète, la plupart de ces chapitres que je mets en place au début finissent par changer. Rien n’est définitif. C’est vraiment histoire de poser un cadre afin de contrôler mon imagination, sinon quoi elle va dans tous les sens et je finirai avec un manuscrit de 1 000 pages (I mean, « Viens, on s’aime » faisait originellement 800 pages).

Une fois que tout ceci est fait, le plus dur est à venir : se lancer. Je sais, c’est terrifiant. La première phrase est la plus difficile, je ne vous le cache pas. Il m’arrive d’y passer une bonne heure. Mais une fois que c’est fait, le reste suit tout seul (*tousse* ou presque). J’écris environ 10 pages par chapitre (c’est la moyenne que je m’impose, même si je la dépasse très, très souvent).

………………………… en fait, je me rends compte que mon processus d’écriture consiste à me poser des limites, et à toutes les enfreindre.

Recap de tous mes fichiers :

  • 1 ficher « Planning chapitres », avec un bref sommaire de chacun d’eux.
  • 1 fichier « Résumé », avec un synopsis complet de l’histoire du début à la fin.
  • 1 fichier « Idées moments/citations », avec les scènes et dialogues que je n’aurais pas  encore réussi à placer dans le planning.
  • 1 dossier « Fiches personnages », avec leurs aesthetics.
  • 1 fichier – pas obligatoire, mais toujours mieux pour bien s’y retrouver – avec la Chronologie du roman.

Et voilà ! Vous êtes parés à nous écrire un merveilleux roman. Et n’oubliez pas qu’un premier jet n’est jamais, ô grand jamais parfait. Vous devrez le retravailler encore et encore.

J’espère que ma méthode pré-écriture vous aura aidé un petit peu. Bien sûr, elle fonctionne très bien pour moi, mais elle sera peut-être désastreuse pour vous. Si vous écrivez également, n’hésitez pas à partager votre propre organisation en commentaire, cela pourrait en aider certains. En tout cas, je vous souhaite tout plein de courage. You got this. Et pas de pression ; vous êtes seuls face à votre écran, personne ne vous juge à part vous-même.

Des bisous pailletés, Morgane.