Happy Valentine’s Day !

Capture d’écran 2020-02-14 à 17.00.47

Puisque c’est la Saint Valentin, et qu’à la Saint Valentin on fait étalage de son amour (c’est ce qu’on dit), je vous ai concocté une petite surprise sur le pouce… signée Fleur, ma prochaine héroïne ! J’espère qu’elle vous plaira (attention aux spoilers !).

Surtout n’oubliez pas de dire à vos proches que vous les aimez, et pas seulement aujourd’hui. Et si vous êtes seuls et que vous déprimez un peu devant tout ce dégoulinement d’amour, rappelez-vous que Bridget Jones finit avec Mark Darcy. Personnellement, ça me réchauffe toujours le coeur.

Moi, je vous aime. Très fort.

Des bisous pailletés.


EN ATTENDANT GODOT AARON

« Mon taxi est bloqué dans les bouchons. J’aurai du retard. Je vous tiens au courant.

Aaron. »

Je sursaute en remarquant son prénom apparaître sur mon écran de portable. Mon coeur tressaille également, mais j’ignore ce détail de mon plein gré. Je n’ai pas l’habitude de recevoir des SMS de sa part ; pour être honnête, je n’étais même pas sûre qu’il sache comment se servir de son téléphone. Il l’ignore, mais je l’ai vu se battre avec la machine à café pendant bien dix minutes jeudi dernier, pour finalement lancer un « Je n’ai pas soif, de toute façon » et retourner à son bureau. Ses oreilles arboraient une jolie teinte rosée.

— Bonjour à toi aussi, bougonné-je dans ma barbe en lui répondant que je l’attends.

Aller en week-end d’affaires avec Aaron Choi le jour de la Saint Valentin… Ou comme j’appelle ça : mon pire cauchemar. Je m’en suis plainte auprès de Dana et Eleanor, mes colocataires, hier soir. Il était hors de question que j’y aille. J’avais déjà préparé l’excuse de la gastro super contagieuse, mais elles m’ont vite fait changer d’avis. Leur argument choc ? « D’accord, Aaron te déteste corps et âme, mais au moins tu ne déprimeras pas ici parce que personne ne t’aime ! ». Ah. Oui. Dit comme ça, effectivement, ça rassure.

Je décide d’aller m’asseoir pour l’attendre, trouvant un siège vide dans le hall des départs. A côté de moi se trouve un jeune homme fermement agrippé aux accoudoirs, le regard fixé devant lui et les pieds agités. Il n’a pas l’air d’aller très bien. Je m’apprête à lui demander si ça va quand je suis interrompue par une voix féminine :

I can’t believe we have to go back… Fuck this.

Une magnifique déesse se trouve à quelques mètres, habillée d’une chevelure de feu rassemblée en un chignon sur son crâne et d’un sweatshirt d’homme qui fait trois fois sa taille. Elle semble agacée. Je la regarde poser son sac à dos d’aventurière par terre tandis qu’un homme pose une main sur sa nuque pour l’apaiser.

I’m so sorry, Aze. I wish we could stay longer…

— Merde alors, s’exclame-t-elle d’un accent absolument adorable, et l’homme rigole en lui demandant si ce sont vraiment les seuls mots français qu’elle a retenus.

What else is there to learn anyway ? I know baguette, too.

— Very important, indeed, approuve-t-il en l’embrassant, ses bras enlaçant sa taille.

Je devrais leur laisser de l’intimité, mais je ne peux détacher mes yeux de cette fille. Elle est sublime, cela ne fait aucun doute. Mais c’est sa confiance en elle qui me heurte en vagues violentes. Son petit-ami, lui, a l’air plus posé. Il lui propose de s’asseoir en attendant qu’il lui rapporte à manger. Elle souffle sur l’une de ses mèches de cheveux et s’installe en face, les jambes croisées sous ses fesses.

Un nouveau message d’Aaron me sort de ma rêverie : « Je pense être là dans une trentaine de minutes ». Je suis en train de lui répondre quand j’entends mon voisin bégayer des choses inintelligibles dans sa barbe. Persuadée qu’il me parle, je me penche vers lui.

— Vous m’avez parlé ?

Il secoue la tête sans m’accorder un regard, sa bouche se formant en une grimace effrayée. Malgré sa peau mate, je remarque le manque de couleur dans ses joues. Il n’a vraiment pas l’air bien. Je remarque le pins Star Wars sur sa veste en jean.

Je jette un œil autour de moi, ne sachant pas quoi faire, et rencontre le regard de Miss Baguette. Elle hausse un sourcil, l’air de ne pas s’en soucier.

— Est-ce que vous avez besoin d’aide ? demandé-je doucement.

L’homme ferme les yeux et pousse un long soupir dramatique.

— Je vais probablement mourir très bientôt.

J’ouvre grands les yeux, prise de court. Je ne m’attendais pas à ça.

— Je suis vraiment désolée, je… Est-ce que je peux faire quelque chose ?

— Je crains que non, répond-il en projetant son regard au loin. On nait poussière et on redevient poussière…

 — On naît poussière… ?

 — … c’est le cycle de la vie, continue-t-il sans me prêter attention. Je dois seulement accepter mon destin. Un dicton dit que…

— Il ne va pas mourir, il a juste la frousse, intervient une fille aux cheveux roses d’un ton blasé, venue de nulle part. Je te préviens Jason, si tu me fais le coup du crash au moment du décollage, je t’abandonne quand on atterrit. J’ai eu assez honte la première fois. Tiens, mange.

Elle fourre une banane dans sa bouche et m’adresse un fin sourire d’excuse. Le garçon en question – Jason ? – se tourne enfin vers moi, un grand sourire aux lèvres, et je comprends qu’il s’est foutu de moi. Je souffle de soulagement, embarrassée. Il y a vraiment des gens bizarres sur cette terre.

— Ce n’est vraiment pas drôle…

— Je suis très sérieux ! Vous savez combien de gens meurent en avion ? Plus qu’on ne le croit.

— Jason, arrête.

— Je ne connais pas cette femme, me souffle-t-il d’un air conspirateur, en pointant sa partenaire du doigt. Elle me suit depuis que je suis sorti de chez moi… J’ai peur pour ma vertu.

— Je…

— Elle est toujours derrière moi ? me chuchote-t-il, faisant mine de se cacher derrière sa paume de main.

J’ouvre la bouche, perdue, et lève lentement les yeux au-dessus de lui. La fille aux cheveux roses me fusille du regard. Je ne l’avouerais jamais, mais elle est terrifiante.

— Oui.

— Elle me regarde encore ?

— Euh… Oui.

Il secoue la tête pour toute réponse, mimant silencieusement avec ses lèvres : HELP.

Je sais qu’il plaisante – je crois ? – mais je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise. Je lui souris pour toute réponse, tentant maladroitement de revenir à ma place, mais je ne peux m’empêcher de les observer quand il se tourne vers elle pour lui dire qu’il rigole.

— Je sais que c’est la St Valentin, mais tu peux arrêter de flirter avec tout le monde, s’il te plait ? lui demande-t-elle quand il l’assoit sur ses genoux.

— Moi, flirter ? s’offusque-t-il. Bébé, je ne flirte qu’avec trois personnes : toi, Loan et Mistinguette.

Elle le regarde longuement, puis déclare en secouant la tête :

— Qu’est-ce que… ? Laisse tomber, je ne veux même pas savoir.

Il éclate de rire et la fait taire d’un baiser fugace. C’est le moment que je choisis pour détourner les yeux. Pourquoi tous ces couples dégoulinants d’amour se posent-ils tous à côté de moi ? Je regarde ma montre et l’espace d’un instant, mon esprit vagabonde vers Aaron. Mon Aaron. Si les choses étaient différentes, peut-être que…

Non. C’est du passé. Tu dois tourner la page, Fleur.

— Tu n’es toujours pas pardonné, donc sois gentil.

Impossible de ne pas entendre leur conversation, pourtant j’essaie.

— Je te l’ai déjà dit, je suis désolé, ça avait pourtant l’air cool dans le film…

— Pas ça, crétin, dit-elle en lui frappant le torse, les joues roses. De me faire passer la Saint Valentin avec nos meilleurs amis. Ils sont aussi ennuyeux que tes grands-parents. Pourquoi toi et Loan avez accepté l’idée de Violette ?

— On parle de moi ?

Les meilleurs amis, je présume. Une petite blonde au sourire rayonnant et un homme baraqué à la barbe naissante se tenant la main. Ils sont mignons. Ce dernier fronce les sourcils en voyant le teint pâle de son ami, mais celui-ci lui assure que tout va bien.

La fille aux cheveux roses se redresse, prise en faute, au moment où Jason lui sauve la mise.

— Zoé disait que tu avais eu la meilleure des idées, en proposant ce week-end.

— Exactement, confirme cette dernière entre ses dents. On vous voit tellement peu souvent !

Je ne connais pas leur vie, mais je peux facilement entendre la pointe de sarcasme derrière sa dernière phrase. Ladite Violette n’a pas l’air de saisir, réjouie, mais son compagnon sourit d’amusement derrière son dos.

— Va t’asseoir, si tu as mal aux jambes, lui intime-t-il. On a encore le temps.

Elle s’exécute et je ne peux m’empêcher de scruter sa jupe en tulle rose pâle. On dirait une princesse des temps modernes. Son aura est si lumineuse qu’elle attire tel les rayons du soleil. Elle va pour s’installer en face, manque de place, quand son regard tombe sur la peluche Reine des Neiges qui dépasse du sac de Miss Baguette. Son visage s’éclaire et elle se penche immédiatement vers elle :

— Oh, je peux vous demander où vous l’avez eue ? Vous aimez la Reine des Neiges ?

La rousse la regarde en retour, un sourcil arqué. De toute évidence, elle préfère qu’on ne la dérange pas. Elle lui fait comprendre qu’elle ne parle pas français, mais la prétendue Violette persiste.

Do you like Frozen ?

Miss Baguette semble déçue de ne pas être tirée d’affaire. Les gens, ça n’a pas l’air d’être son truc. Elle lui offre toutefois un rictus poli, avant de répondre :

No, but my daughter does. I bought it for her.

Je tente de ne pas montrer ma stupéfaction, mais c’est impossible. Cette femme a une fille ? Une fille en âge d’aimer La Reine des Neiges, qui plus est. Elle n’a pas du tout l’air d’être maman, mais comment pourrais-je savoir à quoi une maman est censée ressembler ? Je suis loin d’être une experte. Je n’en ai jamais eue.

Oh my God, really ?! sourit Violette en s’approchant davantage, lui demandant si elle a préféré le premier ou le deuxième film.

Miss Baguette ouvre grands les yeux face à l’envahissement de son espace personnel. On dirait un animal effrayé.

— On a perdu Violette-qui-sent-la-violette, soupire ledit Jason. Je donne un quart d’heure à cette pauvre fille avant de prétendre avoir un avion à prendre.

— Un quart d’heure, t’es gentil, blague sa copine. Je lui donne dix minutes.

Le petit copain leur accorde un regard noir.

— Vous êtes vraiment affreux… Cinq me paraît suffisant.

Un petit sourire m’échappe tandis qu’ils se high five à trois. C’est un réel plaisir de regarder la scène qui se déroule en face de moi. La petite blonde déblatère plus vite que son ombre, illustrant ses propos avec des grands gestes de la main. Miss Baguette fait semblant d’être aimable au début, mais au bout de sept minutes – je le sais car le fameux Jason chronomètre à mon côté –, elle se contente de la regarder d’un air éteint, la main contre sa tempe. A croire qu’elle a déjà mal à la tête.

Elle est sauvée par l’apparition de son petit ami, les mains chargées de sandwichs et autres snacks. Il s’excuse en expliquant qu’il y avait la queue. Elle lui saute presque dessus, un « Thank God, never leave me again ! » soulagé s’échappant de ses lèvres.

— On te fera un virement, soupire Jason à la fille aux cheveux roses, qui affiche un sourire triomphant.

Ladite Violette semble comprendre que ses monologues ont mis tout le monde mal à l’aise car elle rougit fortement et se replie sur elle-même d’un rire qui sonne faux.

I’m sorry… I’ll leave you alone.

C’est plus fort que moi, j’ai de la peine pour elle. Mes parents diraient que « j’ai de la peine pour tout le monde, de toute façon ». Mais c’est vrai. Je l’admire d’aller vers les gens si facilement. Ce n’est pas facile. J’ai longtemps été comme ça, plus jeune, mais plus maintenant. En grandissant, le rejet a fini par me terrifier.

Je ne suis pas la seule à me sentir mal, puisque sa meilleure amie semble sur le point de se battre avec quelqu’un.

— Je vais frapper cette fille si Violette ne retrouve pas le sourire très rapidement.

— Doucement, Rocky, lui murmure Jason. Regarde.

J’obtempère également. En face, Miss Baguette semble prise de remords. Elle observe Violette du coin de l’œil, se mordant la lèvre, puis tend un chocolat dans sa direction.

Here. I know some people don’t love chocolate, but oh well.

— Are you kidding me ?! s’étonne Violette, l’air heureuse. Chocolate is my whole life !

— Merci pour moi, marmonne son petit-ami.

Et c’est reparti pour un énième monologue. Mais cette fois, Miss Baguette et son copain l’écoutent d’un air amusé. J’attends bien sagement dans mon coin tandis qu’ils font tous connaissance. Deux retournent aux Etats-Unis après un week-end en amoureux, quatre autres prennent l’avion direction la montagne. Je ne les connais pas, et je sais pertinemment qu’ils ne resteront pas en contact, mais mon cœur se réchauffe à l’idée d’avoir pu assister à leur rencontre. C’est beau à voir.

Ils partent tous au fur et à mesure, Jason m’accordant un signe de la main en guise d’au revoir, et très vite je suis à nouveau seule. Seule, toujours seule.

Je les envie. Je pourrais avoir ça, moi aussi. Si je n’étais pas trop flippée.

La vérité, et je n’ai pas osé l’avouer à mes amies, c’est qu’Aaron a beau me détester… je suis tout de même heureuse de passer la Saint Valentin en week-end d’affaires.

Si cela veut dire être auprès de lui.

Écriture: fiches personnages

70514203_781184335629245_5946391833448808448_n

S’il y a bien une chose que je préfère dans mon processus d’écriture, c’est la création de mes personnages. Le coeur même de toutes mes histoires. Si un roman est bien écrit mais que ses personnages ne réussissent pas à me toucher, il est très rare que j’apprécie mon expérience de lecture. C’est pourquoi je mets un point d’honneur à proposer des protagonistes authentiques et complexes.

Beaucoup d’entre vous se sont montrés curieux quant à ma façon de faire, c’est pourquoi j’ai pensé qu’il était intéressant de vous en parler plus en détails. Bien sûr, je tiens à rappeler que chaque méthode est différente, et qu’il suffit de trouver ce qui fonctionne le plus pour soi. En tant que perfectionniste et maniaque de l’organisation, je ne lésine pas sur les détails (parfois insignifiants et inutiles, je vous l’accorde). J’ai besoin de tout contrôler, et donc de tout connaître de mes personnages, même si cela n’est pas utilisé dans le roman en question. J’ai besoin de devenir eux et donc penser comme eux. Mais d’autres auteurs préfèrent la distance, ce que je comprends. À vous de choisir !

Ainsi, je vous laisse avec mes petits secrets ; prenez-en soin.

1/ PREMIÈRE ÉTAPE

La toute première étape, avant même de mettre quoique ce soit sur papier, est pour moi d’imaginer l’ambiance générale qui plane autour de mes personnages. Vous le savez déjà, je suis une fan de l’aesthetic. Je fonctionne beaucoup au visuel. Je pense que chaque personne possède une couleur qui lui est propre, c’est pourquoi les aesthetics aident beaucoup à construire des personnalités différentes dans mon imagination. C’est donc ce que je fais en premier, puisque c’est l’étape la plus vague et la plus générale. Je vous donne ci-dessous des exemples de ma nouvelle « Valentin’s Date », avec en sous-catégories les aesthtics de Poppy et de Valentin. On peut tout de suite déduire plusieurs choses : Poppy a pour couleur dominante le rose ; un aesthetic très doux et féminin. Valentin quant à lui se rapproche davantage du beige et du marron, avec un mélange de café, de papier et de rues parisiennes. Selon moi, rien que ça, ça en dit long.

Capture d’écran 2019-09-14 à 15.32.06

Poppy:Capture d’écran 2019-09-14 à 15.31.32

Valentin:Capture d’écran 2019-09-14 à 15.31.49

2/ DEUXIÈME ÉTAPE

Ce n’est pas toujours dans cet ordre que je fonctionne, parfois le prénom vient avant la personnalité, mais c’est très rare dans la mesure où je choisis très souvent le prénom justement en fonction de ce que celui-ci signifie ; et donc s’il correspond à la personnalité que je me fais dudit personnage. À partir de là, on agit en entonnoir. Du plus général au plus précis. Pour les prénoms, j’ai donc tendance à regarder les significations sur internet. Pour mes livres de New Romance toutefois, mes héroïnes portent toutes des prénoms de fleur. Si cela vous intéresse, il y a beaucoup de sites sur lesquels vous pouvez trouver des prénoms neutres/non genrés.

3/ TROISIÈME ÉTAPE

Enfin arrive le plus important et le plus conséquent en terme de travail : la personnalité. Je procède en plusieurs parties : 1/ Identité, 2/ Apparence, 3/ Caractère, 4/ Capacités, 5/ But, croyance, opinion, 6/ Relations. Je vous l’ai dit, je prends les fiches personnages très au sérieux…

1/ Identité –> Cette catégorie retrace comme dit l’identité du personnage. Plus précisément son nom, prénom, date de naissance, nationalité, profession, situation familiale. Ma petite touche personnelle est d’ajouter la Maison Poudlard à laquelle appartient chaque personnage, parce que mine de rien ça parle toujours aux lecteurs *wink wink*

2/ Apparence –> Pas besoin de vous l’expliquer, je suppose ? Ici je décris physiquement la personne ; son visage, sa silhouette, son style vestimentaire ainsi que ses signes distinctifs s’il y a (tatouages, grains de beauté particuliers, piercing etc.)

3/ Caractère –> Il s’agit ici des défauts et des qualités. J’y mets également ce qui le/la fait rire, comment il/elle réagit face à la colère, son livre/sa musique/son film préférés, et autres anecdotes/situations où ses traits ressortent le plus. J’y mets aussi ce qu’il/elle aime et ce qu’il/elle n’aime pas, sa plus grande peur et j’en passe… À vous de choisir quoi mettre !

4/ Capacités –> Tout simplement, je stocke ici les dons et facilités de mes protagonistes. C’est-à-dire les activités où il excelle mais aussi celles où il est mauvais (et dans ce cas, s’il progresse au cours du roman).

5/ But, croyance, opinion –> Chaque personnage a un but au début du roman, qu’il l’accomplisse ou non. J’y ajoute ses motivations, ses croyances (religion, superstitions), ses opinions. On sous-estime très souvent cette étape je trouve, alors qu’elle est très importante selon moi.

6/ Relations –> Il s’agit ici de ses relations avec autrui : sa famille (fusionnel ou indépendant ?), ses amis (loyal ou intéressé ?), son/sa partenaire (jaloux ou respectueux ?), les gens qui lui sont inférieurs (moqueur ou altruiste ? désintérêt ou gentillesse ?).

4/ QUATRIÈME ÉTAPE

Une fois que sa personnalité a été vue et revue, je passe au before. Le passé d’une personne est primordial, car il fait d’elle ce qu’elle est dans le présent. Vous ne pouvez pas avoir un bon personnage si vous ne connaissez pas son passé et ce qu’il a vécu pour être ce qu’il est aujourd’hui. Connaitre son futur est également un plus.

5/ CINQUIÈME ÉTAPE

Et enfin, ce qui vous aidera à gérer votre personnage tout au long de votre roman : son développement. Comment il/elle évolue du début à la fin, ainsi que les étapes charnières qui mènent à ce changement, à savoir les points déclencheurs.


tumblr_onribjy8hP1qaf1vio4_540.gifVoilà, vous savez tout désormais ! Je vous ai décrit chacune de mes étapes dans les grandes lignes, mais je vous invite sincèrement à chercher ce qui vous correspond le mieux. En tout cas, soignez bien vos personnages car sans eux, votre histoire n’aura que très peu d’écho et de profondeur. Je persiste à dire que ce sont eux, le coeur d’un roman, car ce sont eux qui touchent le lecteur.

Vous n’avez plus qu’à vous y mettre 🙂

Des bisous pailletés, Morgane.

Écriture: mon organisation en 5 étapes

Vous êtes beaucoup sur Instagram à me poser des questions concernant l’écriture, et plus particulièrement à me demander des conseils pour « se lancer ». L’une des premières choses que je recommande toujours, c’est de s’organiser. Toutefois, je le dis et le répète : l’écriture est un exercice intime et personnel, chacun le fait à sa façon. Ce qui fonctionne pour les uns peut ne pas marcher pour les autres, et inversement. Certains y vont au feeling et c’est très bien aussi. Personnellement, j’ai besoin d’un plan. J’ai besoin de savoir où je vais. C’est pourquoi je vais vous exposer mon organisation pre writing, ainsi que toutes les étapes par lesquelles je passe au niveau du processus d’écriture. Je ne vous conseille en aucun cas de procéder de la même façon que moi ; ma méthode n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Alors prenez le temps d’essayer plusieurs choses et de voir ce qui fonctionne le mieux pour vous, afin de vous adapter à votre propre manière de créer. Allez, go !

1/ PREMIÈRE ÉTAPE

Cela dépend du roman. Parfois la première chose à laquelle je pense est l’intrigue (en général, à ce stade c’est encore assez vague ; cela peut s’agir simplement d’une trope, comme « hate to love », « friends to lovers », ou bien de thèmes plus précis à aborder). D’autres fois, ce sont les personnages qui me viennent en premier, puis l’intrigue suit en fonction de leur personnalité et de la vie que je leur invente. Disons ici qu’il s’agit de l’histoire. Bien sûr, celle-ci risque de changer au fil des pages – au début, nous nous concentrons uniquement sur une idée au sens le plus large du terme. J’ouvre un premier fichier Word et liste les « thèmes » que je veux aborder. Si j’ai déjà une idée assez précise de l’intrigue, je le note dans la forme d’un court synopsis ; par grands axes, exemple : « C’est l’histoire d’une fille, 21 ans, nommée X. Famille compliquée, un grand frère violent, une mère lâche et alcoolique qui a toujours préféré son fils. X tente de s’en échapper tout en faisant le deuil de son ex petite-copine. Son rêve est de devenir styliste de haute couture. Elle rencontre un homme, nommé Y, dans l’optique d’un coup d’un soir. Pire nuit de sa vie. Ils commencent par se détester, mais un compromis les pousse à se dévoiler, et à se rapprocher. Pansent leurs blessures mutuelles. »

2/ DEUXIÈME ÉTAPE

Ensuite vient le tour des personnages ; ce que je préfère. Vous l’avez probablement remarqué, c’est ce que je chouchoute le plus dans mes romans. Je préfère nettement un roman à l’intrigue plus « classique » mais aux personnages complexes et originaux que l’inverse. Pensez que vos personnages sont le coeur de votre histoire. S’ils ne sont ni intéressants ni assez développés, votre intrigue suivra le mouvement. Ce sont eux qui amènent le lecteur là où vous voulez l’emmener. Si cela vous intéresse, je vous ferai un autre article beaucoup plus détaillé sur la création de mes personnages. Aujourd’hui je vais néanmoins rester brève : on ouvre donc un nouveau fichier Word, un pour chaque personnage central – même les personnages secondaires, dans une certaine limite évidemment. La plus grosse erreur que vous pourriez faire est de sous-estimer vos personnages secondaires et de ne pas leur donner d’histoire sous prétexte que ce n’est pas la leur que vous raconter. Il faut que vous connaissiez parfaitement la vie de tous vos personnages, même s’il s’agit d’infos que vous ne donnez pas au lecteur. Croyez-moi, cela rendra votre texte bien plus authentique.

Je décide généralement de leur personnalité avant le reste, du plus général au plus particulier : quel genre de personnes sont-ils ? J’affine ensuite le tout en forme d’entonnoir, en listant leurs qualités et leurs défauts, leurs rêves, leurs passions, et beaucoup d’autres choses plus précises que j’évoquerai dans un autre post. Une fois que j’ai un portrait assez complet, je choisis leurs prénoms. Généralement, je ne fais pas ça au hasard. Je vérifie toujours les fiches de personnalité liées aux prénoms avant de donner mon feu vert final ; c’est un détail important pour moi, mais encore une fois, cela reste personnel. Je veux que la personnalité de mon personnage corresponde avec son prénom. D’autres fois, je les choisis en fonction d’un symbolisme particulier qui aurait, ou non, un rapport avec l’histoire. Dans mes romans de New Romance, vous aurez remarqué que toutes mes héroïnes ont un prénom de fleur – ce n’est pas une coïncidence. Je fais donc lesdites fiches personnages, qui prennent un certain temps, et ma touche personnelle – bien que beaucoup le font désormais, ce que je trouve super – est de créer des aesthetics correspondants. En somme, je crée des tableaux Pinterest pour mes deux héros, comme ceci (cf photo). Cela m’aide beaucoup à penser une personnalité, une ambiance, une « couleur ». Une énergie. Car chaque personne en a une.

3/ TROISIÈME ÉTAPE

Ensuite je laisse un peu reposer. J’attends que l’intrigue s’affine d’elle-même au fil des jours ; les idées viennent toutes seules en général, d’autres fois je dois forcer un peu le destin. A chaque nouvelle idée, je la note. J’ai pour celles-ci un autre fichier, appelé « Idées moments/citations ». J’y répertorie des idées de dialogues sans aucun contexte, de scènes au hasard, de citations qui me viennent en tête. Je pose là tout en vrac et j’attends.

4/ QUATRIÈME ÉTAPE

Une fois que j’ai assez de matière (yay!), je me pose pour parler structure. Alors là, je vais très certainement vous perdre, étant donné que je suis une très, très grosse maniaque de l’organisation. Aussi, j’ai tendance à écrire beaucoup plus que nécessaire et par conséquent à m’étendre à l’infini. Pour parer cela, j’ai mis au point un plan très structuré au niveau du format final de mon livre. Je m’explique : pour mes romances New Adult, je me mets une limite d’environ 450 pages (même si je dépasse toujours un peu). Je divise alors mon histoire en trois parties, avec pour chacune un nombre de pages spécial (25% pour la première, 50% pour la seconde, 25% pour la troisième) ainsi qu’un point pivot.

Si cela vous intéresse, je vous en dévoilerai les détails dans un autre article (dites-moi !). Ainsi, j’ai un cadre dans lequel je peux bosser sans pour autant avoir peur d’écrire trop de pages. Quand j’ai commencé à écrire des romans, j’avais douze ans. Je faisais ça au feeling total. Je n’avais aucun plan, juste des idées à foison que je devais sortir de ma tête. L’intrigue changeait sans cesse au fil de la plume. Sauf qu’un problème est apparu à la fin de mon tout premier livre : il était bourré d’incohérences. Depuis, c’est ma pire phobie. L’organisation est donc devenue ma meilleure alliée. Bien sûr, cela ne m’empêche pas d’être surprise au fil des chapitres, certaines choses continuent de changer et de bouger, j’invente toujours petit à petit, en direct. Mais je sais que c’est toujours un minimum sous contrôle.

5/ CINQUIÈME ÉTAPE

Une fois que j’ai ma structure globale, je crée un tableau Excel, dans lequel je pose chaque chapitre (disons 45 pour 450 pages) sur la première colonne, et le résumé de chacun d’eux sur la deuxième colonne ; c’est-à-dire, ce qui s’y passe. Cela peut être très court, comme : « Rencontre des deux personnages principaux », ou plus détaillé, comme : « PDV Zoé. Elle passe Noël dans un bar avec son meilleur ami. Elle y rencontre Jason, beau gosse drôle et sexy. Elle dit le détester à la seconde, mais ils finissent par succomber à la passion après plusieurs verres. Scène drôle avec les chatons de Jason. Première nuit d’amour ratée. Le lendemain, Zoé prétend avoir trouvé ça génial et fuit son appartement en espérant ne jamais le revoir. » Je fais ça généralement jusqu’au tout dernier chapitre, parce qu’encore une fois : je suis maniaque. Mais comme 45 chapitres, ça fait beaucoup, il m’arrive d’en laisser quelques uns vides et de faire au feeling au moment propice. Je le répète, la plupart de ces chapitres que je mets en place au début finissent par changer. Rien n’est définitif. C’est vraiment histoire de poser un cadre afin de contrôler mon imagination, sinon quoi elle va dans tous les sens et je finirai avec un manuscrit de 1 000 pages (I mean, « Viens, on s’aime » faisait originellement 800 pages).

Une fois que tout ceci est fait, le plus dur est à venir : se lancer. Je sais, c’est terrifiant. La première phrase est la plus difficile, je ne vous le cache pas. Il m’arrive d’y passer une bonne heure. Mais une fois que c’est fait, le reste suit tout seul (*tousse* ou presque). J’écris environ 10 pages par chapitre (c’est la moyenne que je m’impose, même si je la dépasse très, très souvent).

………………………… en fait, je me rends compte que mon processus d’écriture consiste à me poser des limites, et à toutes les enfreindre.

Recap de tous mes fichiers :

  • 1 ficher « Planning chapitres », avec un bref sommaire de chacun d’eux.
  • 1 fichier « Résumé », avec un synopsis complet de l’histoire du début à la fin.
  • 1 fichier « Idées moments/citations », avec les scènes et dialogues que je n’aurais pas  encore réussi à placer dans le planning.
  • 1 dossier « Fiches personnages », avec leurs aesthetics.
  • 1 fichier – pas obligatoire, mais toujours mieux pour bien s’y retrouver – avec la Chronologie du roman.

Et voilà ! Vous êtes parés à nous écrire un merveilleux roman. Et n’oubliez pas qu’un premier jet n’est jamais, ô grand jamais parfait. Vous devrez le retravailler encore et encore.

J’espère que ma méthode pré-écriture vous aura aidé un petit peu. Bien sûr, elle fonctionne très bien pour moi, mais elle sera peut-être désastreuse pour vous. Si vous écrivez également, n’hésitez pas à partager votre propre organisation en commentaire, cela pourrait en aider certains. En tout cas, je vous souhaite tout plein de courage. You got this. Et pas de pression ; vous êtes seuls face à votre écran, personne ne vous juge à part vous-même.

Des bisous pailletés, Morgane.